lundi 19 septembre 2011

Enquête sur l'évolutionnisme (résumé)


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lundi 12 septembre 2011

ENQUETE SUR L'EVOLUTIONNISME (suite)

L'Homme dans un monde globalisé


Ce n'est pas tant le principe de l'évolution qui pose problème mais plutôt l'ampleur de ses conséquences.Notre enquête se poursuit donc par un survol des théories actuelles qui visent à éclairer la société par le comportement des humains à la lumière d'observations contrôlées ainsi que d'expérimentations scientifiques rigoureuses menée dans le champ des sciences rectifiées par l'évolutionnisme.En effet celui-ci a très largement envahit le champ des disciplines sociales,économiques et comportementales comme nous allons le comprendre en illustrant ce récit de quelques exemples.

I. L'agent naturel isolé



Il existe au sein des milliers d'espèces vivantes une très grande variabilité des organismes.Dans l'espèce humaine cette variabilité affecte la morphologie,le comportement et les intentions.Le regard de l'évolutionniste doit se focaliser d'abord sur une variable (pour comprendre un phénomène complexe il procède par un découpage arbitraire):la sélection naturelle (concept central de l'évolution et qui peut prendre de nombreuses formes) nous conduit à formuler une évidence pour rendre compte de la variabilité:les traits ayant permis aux agents de survivre et de s'organiser se sont transmis héréditairement.On peut comprendre que pris isolément chaque agent ait put être doté d'un fort potentiel hérité lui permettant de faire face aux vicissitudes d'une existence rude.Pour analyser ce point en amont de l'espèce humaine,primatologues et éthologistes nous fournissent de précieuses informations.Dans le rêgne animal lorsque la rivalité se généralise,du fait de leur comportements mimétique,le groupe entre dans une spirale de violence qui s'achève généralement par la mise à mort de l'un d'entre eux.En observant les tribus de chimpanzés on constate un comportement dominateur visant à instaurer une hiérarchie entre les divers membres mais on observe aussi que les femelles manifestent une aversion pour l'abus de pouvoir des mâles qui eux ont une propension à en abuser. Concernant l'agent naturel en situation d'agir deux thèses s'affrontent :ce sont soit l'égoïsme soit l'altruisme qui expliquent les motivations de l'action.Passons brièvement en revue les arguments en faveur de l'une et de l'autre des deux thèses.
L'égoïsme:
la motivation est dirigées vers soi même pour chaque situation.Elle revendique l'absence de normativité et ne prend pas position sur les questions de morale.L'argument décisif des partisans de l'égoïsme psychologique est l'inconscient.L'introspection ne nous donnant pas accès à nos motifs les plus profonds.Il conviendrait ici de développer la problématique des instincts ou tendances comportementales innées et héritées qui viennent nuancer ou embrouiller les motivations.
L'altruisme:
1. l'altruisme biologique
" L'altruisme a pour effet d'augmenter la fitness d'autrui au dépens de la fitness de l'individu qui développe ce comportement »
2. l'altruisme comportemental
« Un comportement est qualifié d'altruiste s'il coûte à l'agent,profite à d'autre personnes ou à la communauté en général et si l'agent ne peut pas bénéficier en retour de bénéfices ultérieurs ».
Depuis de nombreuses années,le modèle de l'homo oeconomicus s'est trouvé critiqué en constatant que les gens ne se comportaient pas de la manière décrite par le modèle néo-classique.Les personnes ordinaires ne se comportent souvent pas en maximisateurs de leurs gains.La fameuse fonction d'utilité ne peut rendre compte de ce phénomène.
3. l'altruisme psychologique
« Une action est qualifiée d'altruiste si elle est le résultat d'une motivation dirigée vers les intérêts et le bien-être d'autrui (et non vers les propres intérêts et bien-être de l'agent) »(D. Batson cité par Ch. Clavien).Il faut donc avoir conscience d'autrui en tant qu'être différent de nous même et pour ce faire posséder une 'théorie de l'esprit' qui est une capacité à raisonner sur les états mentaux de ses congénères.
Il est difficile de départager les deux camps en se cantonnant à cet argumentaire;certains spécialistes préconisent donc de distinguer les motivations et les neuro-physiologistes savent distinguer,au vue de la neuro-imagerie cérébrale,l'auteur de l'agent qui excécute l'action.Dés lors une motivation altruiste est « un chemin causal motivationnel déclenché par la prise de conscience d'un besoin d'autruit qui n'inclut aucune prise en compte de ces propres intérêts et bien-être. »(Ch.Clavien 2009).Il existe des sentiments de détresse et des sentiments de compassion.Seuls les sentiments de compassion enclencheront une action altruiste.Enfin iI y a de bonnes raisons d'affirmer que la sympathie ou la compassion soient un produit de l'évolution.

II. L'homme en société



La confiance:
C'est une attitude qui permet d'éviter un perpétuel questionnement;en ce sens c'est le contraire de la défiance.Mais que sait-on de façon fiable sur la confiance? Est-elle une composante de la 'nature humaine' ? Pour les évolutionnistes qui apportent des réponses aux vues de la sélection naturelle,c'est en suivant leurs sentiments que la confiance s'est instaurée progressivement au sein de la famille primitive et non sous l'effet d'un calcul conscient.Même si notre passé est encore beaucoup plus violent que ne l'est notre présent c'est par la domestication de nos pulsions violentes conjointement à l'apparition de formes sociales d'émotion que la confiance s'est manifestée dans les tribus primitives.Au néolithique (environ 9000 ans avant notre ère) des formes de socialisation apparaissent (sédentarisation en groupe) ce qui laisse à penser que la confiance envers autrui est préférée à la méfiance,à la crainte et donc à une existence solitaire ou une vie d'errance.Si l'on suit l'arbre phylogénétique on constate que s'instaure chez les animaux (constaté dès la classe des poissons) un investissement parentale mâle (IPM) qui prendra chez les primates de l'importance pour finalement culminer chez les humains.Les femelles accordant spontanément plus leur confiance aux mâles qui présentent un IPM élevé.Et ce facteur renforce le poids de la sélection sexuelle dans l'adaptation d'une tribu à son environnement.
Mais la théorie de l'évolution suggère que les organismes se sont livrés une compétition permanente pour assurer un 'leadership' au sein des tribus ou pour transmettre leurs gènes.La hiérarchie sociale et la compétition sexuelle font partie aussi de la 'nature humaine'.Les conduites programmées par l'évolution (pulsion sexuelles,peurs instinctives,dégout pour nos propres déchets), peuvent s'étendre à toute une classe de phénomènes : les émotions, les conduites sociales, les modes de communication, le raisonnement, les attitudes amoureuses ou le langage.Confiance et défiance seraient donc les deux aspects du comportement des organismes vivants reprenant ainsi en le complexifiant les 'taxies' formes de pulsions vitales gouvernées par des besoins élèmentaires.Mais si l'évolution construit des programmes de conduite très lentement,à l'échelle des dizaines de milliers d'années,notre équipement mental lui est toujours le même depuis des lustres  (Dortier 2004).Cela constitue-t-il désormais un obstacle ? Oui si l'on en croit les transhumanistes qui cherchent par tous les moyens à modifier les caractéristiques physiques et mentales de l'être humain en lui incorporant des nanomachines au prétexte d'améliorer sa condition initiale.
La réciprocité
Se caractérise par un délai entre les actions altruiste et un retour de service.Fait aussi partie de la 'nature humaine'.Nous donnons parce que nous savons que nous recevrons en échange.Mais malheur à celui qui trahit et la confiance et la régle du donnant-donnant.Par un étrange hasard les règles du « tit for tat » (le donnant-donnant) ont été étudié avec le secours......des ordinateurs.Ainsi que nous l'avons vu dans notre petit tour d'horizon précédent,c'est Axelrod qui a pu vérifier le bien fondé du « tit for tat » en organisant un jeu dont les concurrents étaient des petits programmes informatiques capables de se comporter,selon la légende, « comme des êtres vivant » ,c'est à dire capables de communiquer entre eux.C'est le programme de Rapaport - équipé du sous-module comportemental CRP (Coopération-Réciprocité-Pardon) qui a gagné.
Précisons que le « tit for tat » est
1. une stratégie évolutionnairement stable (SES) qui permet l'évolution de la coopération
2. qu'il n'existe en conséquence pas d'autre stratégie pouvant l'envahir (et a fortiori la remplacer)
Mais Axelrod a su critiquer les faiblesses de son modèle;il a rajouté une règle à savoir :«que la valeur d'une stratégie dépend totalement des normes en vigueur dans le voisinage».En l'espèce c'est un ordinateur qui constitue le voisinage expérimental.Si l'expérimentateur modifie les règles en autorisant des sorties ou de nouvelles entrées dans le groupe alors la force du «tit for tat» décline sensiblement pendant que croit le succès des «méchantes stratégies».

III. Monde moderne et comportement coopératif



Pratiquement la réciprocité fut mise en application dans les règles instituées par le GATT pour harmoniser les droits de douane entre les pays signataires et ce jusqu'à son remplacement par l'OMC en 1994.
Le fait,que dans les sociétés de marchés modernes,les gens se font confiance,du moins le temps de mener à bien une affaire complexe,constituent une des raisons pour laquelle ces entreprises ont réussi à coopérer et à se coordonner dans un univers décentralisé caractérisé par la division des taches,clé du monde industriel.Ainsi,comme l'ont démontré certains auteurs,personne n'est aux commandes et pourtant je peux trouver tout ce dont j'ai besoin de façon quasi instantanée.Comment expliquer cela ?
Les illusions du monde moderne
En somme la culture (technique, sociale, et les apprentissages de toutes sortes) se grefferait sur des aptitudes (cognitives et émotionnelles) qui sont relativement stables et héritées de notre passé évolutif.Mais si les moeurs, les techniques, les sciences... évoluent à des rythmes rapides, les aptitudes intellectuelles comme les pulsions des humains, elles, restent stables au cours du temps. Comme nous l'avons vu précédemment notre cerveau est façonné par des millions d'années d'évolution.Cela justifie donc des 'ruses' comportementales tel que:
a) le commerce des promesses
Les risques d'être abusé étant grands pour les premiers commerçants il est étonnant,compte tenu du comportement des hommes des tribus,qu'un système d'échange entre étrangers ait pu voir le jour.On peut supposer que la raison (mais aussi le calcul) devinrent progressivement préférables à l'émotion et que la justice prit le dessus sur la vengeance.Il faudra cependant attendre l'invention de la monnaie (que certains datent du VII av.J.C) pour parler d'ébauche de commerce.
b) les liens de la confiance monétaire
La confiance est le mortier qui cimente la plupart des rencontres entre étrangers dans une société moderne.Par exemple un des éléments constitutifs de la confiance dans le système financier est que les banques non solvables doivent être fermées afin qu'elles ne captent pas les économies d'autres investisseurs.Mais les économies modernes ne dépendent pas uniquement des banques.Elles sont aussi le fait d'agents qui ont en plus un besoin de confiance dans l'avenir,un sens de la justice,la propension à se mettre en colère et à éprouver du ressentiment face à la trahison et bien d'autres caractéristiques
c) le concept de classe dans l'univers des affaires
Mais la confiance et la réciprocité pour importants qu'ils soient ne peuvent pas nous faire oublier que les êtres humains en groupe ont la capacité de manipuler aussi l'envie et la jalousie pour aboutir à leurs fins.Par exemple c'est en segmentant le marché en classes arbitraires que cet objectif est atteint.En effet inclure dans une classe c'est en même temps exclure tous les autres provoquant ressentiments,honte,convoitise.Il en est ainsi pour certains produits destinés à une élite:tous ceux qui espèrent en faire partie sont prêts à payer le prix ;c'est la cas du marché des magazines de mode:«une publication de classe n'est rien d'autre qu'une publication qui s'adresse à des gens partageant des préoccupations ou des goûts communs. L'objectif d'une telle publication est d'attirer tous les lecteurs appartenant à cette classe et d'exclure tous les autres.» (1913,Condé Nast , 'Vogue').Inutile de rappeler que ce modèle initial s'est très largement diffusé au cours du XX ème siècle.

Vous avez dit 'EVOLUTION' ?


Nous rappelons que l'évolution est différentiation.
L'interdépendance dans la différence est le principe évolutionniste majeur.
Différenciation et interdépendance impliquent l'apparition d'évènements inédits qui entrent en résonance et/ou qui sont le produit d'une résonance (ex :les émotions altruistes)
Après Blaise Pascal (« tous les hommes se haïssent naturellement l'un l'autre »[fr 243],de nombreux intellectuels ont cédé au pessimisme et prôné la défiance ou tout au moins ont conseillé de ne pas faire confiance à leurs semblables.Dans le prolongement de cet état d'esprit certain ont voulu imposer l'idée selon laquelle une espèce s'est constituée uniquement sur la descendance des plus aptes;or l'altruisme biologique contredit cette affirmation puisque certaines espèces sont le résultat d'une chute de la 'fitness' d'un certain nombre de leurs membres.
La 'vision-tunel' inhérente au monde moderne se caractérise par la division du travail,acteur majeur du succès industriel.A l'opposé pour appréhender l'évolutionnisme c'est à un travail synthétique,une forme de quête unitaire poussant à coordonner de multiples approches auquel nous sommes conviés.Ainsi en 2011 de vastes zones restent inexplorées et il serait bien excessif de penser que toutes les conséquences de l'évolutionnisme sont définitivement réglées.

Pour compléter


J.F Dortier:ISBN2-912601-21-5
Paul Seabright:ISBN 978-2-940427-12-3
Christine Clavien:ISBN 978-2-311-00049-8

Dans l'actualité sur le web


Confiance et autorité dans le monde d'aujourd'hui:Un monde sans confiance

mercredi 8 juin 2011

Enquete sur l'évolutionnisme (suite)


EVOLUTIONNISME ECONOMIQUE 



Le point de vue évolutionniste prend en considération ce qui est en train d'advenir et non ce qui est achevé:l'évolution est toujours dirigée vers le futur et ce qui est cyclique revient invariablement identique à lui même.
A cause de cela on distingue deux types d'évolutions continues:
  1. l'évolution monotone qui traduit des modifications de la caractéristique considérée dans un sens constant;il peut exister cependant des phases d'accélération ou de décélération.
  2. l'évolution périodique qui traduit des modifications de la caractéristique considérée la faisant passer,avec une période constante ou variable,par des mêmes états.
                                                                *
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I ) L'évolution en économie
Au fil du temps la pensée économique s'est enrichit de nombreux concepts et de multiples courants.Un double clivage dans l'histoire de la pensée économique permet de distinguer quatre approches :
  1. approche réelle
  2. approche monétaire
(résultent de deux façons différentes d'envisager le rôle de la monnaie dans une économie marchande)
  1. micro-économie (allocation des ressources,prix relatif,répartition - approche fondée sur l'équilibre général walrasien)
  2. macro-économie (emploi,monnaie,activité économique - approche fondée sur l'équilibre global keynésien)



Ce n'est qu'aprés un certain temps de latence de la pensée économique,temps nécessaire à la diffusion et à la critique de son formalisme,que le débat sur l'évolutionnisme économique est lancé avec la publication en 1911 des théses de Schumpeter: "Théorie de l'évolution économique".Pour cet économiste,parfois qualifié d'hétérodoxe,ce qui caractérise l'évolution économique c'est le processus d'innovation.On regroupe en général les innovations en deux catégories : les innovations de produit et les innovations de procédé. L'acteur central de ces dernières est l'entrepreneur.Dans la conception de Schumpeter, l'entrepreneur incarne le pari de l'innovation, thèse qu'il développa en particulier dans une ré-édition de la Théorie de l'évolution économique en 1913 .Pour Schumpeter, le profit est la sanction de l'initiative créatrice des risques pris par l'entrepreneur. Cette conception est contraire aux économistes classiques qui faisaient du profit la contrepartie des efforts productifs (capital et travail) de l'entrepreneur."Cette conception est également contraire à celle, marxiste, qui place l'origine du profit dans la confiscation de la plus-value, c'est-à-dire l'appropriation d'une partie du fruit du travail des salariés par le rentier-capitaliste "(wikipédia).L'évolution est ainsi décrite comme une succession de variations continues,des dynamiques technologiques qui impliquent des choix préférentiels;mais les discontinuités introduites par l'innovation peuvent aboutir à des déséquilibres.
En fait,historiquement,depuis la fin du XIX éme siécle les économistes des théories managériales se sont interrogés sur les capacités qu'ont les entreprises à réaliser des calculs d'optimalité dans un environnement en perpétuelle évolution.Progressivement l'évolutionisme est ainsi devenu un paradigme à l'origine,en autre,de l'économie évolutionniste.



L'évolutionnisme en économie
(pour consulter le tableau I suivre le lien ci-dessus)
Quelques remarques concernant le tableau I:
  1. Dans la colonne 'acteurs économiques' le terme individus est suivi d'un (?);celà fait allusion au précédent article qui insistait sur l'ambiguïté de ce terme dans un contexte évolutionniste;l'individu apparaissant comme le terme générique applicable à l'unité de la sélection propre à n'importe quel niveau hiérarchique. Dans un contexte économique les entités sélectionnées peuvent être soient des 'agents économiques' soient des 'consommateurs' soient même des 'organismes' ou des ensembles (dèmes ou populations).Cependant Th.Veblen définit la personne assujéti à des règles comme un agent individuel (il fait donc référence implicitement à l'agent économique).Alors que K.MArx avait,en son temps,définit l'individu comme "produit de la société",comme "propriétaire de marchandise"ou "fraction déterminée de l'unité sociale".De même il fut,semble-t-il,à l'origine d'une tendance qui pressent que les individus s'objectivent en des valeurs:"l'individu est socialement un nombre".[Marx & Engels 1848 ].Plus recemment (1998) R.Lucas envisageait de concevoir (ou de modéliser) un individu comme une collection de règles de décision et " un ensemble de préférences utilisé pour évaluer les résultats qui émergent de combinaisons particulières de situation-action”.
  2. Ce tableau met également en évidence l'inhomogénéité des procesus de sélection ce qui a pour conséquence de balayer un large spectre de réponses.Les processus de séléction en économie évolutionniste sont ainsi tributaires de l'histoire,de la finance,de la logique,des contraintes organisationnelles et/ou de la concurence.
  3. Dans la colonne 'type d'évolution ' le progrès de la société par les règles évoque le débat instructionnisme/sélectionnisme.Par exemple,de façon concrète dans l'économie numérique,les entreprises ont considérablement modifié les processus d'échanges de données avec la mise en oeuvre de la technologie 'Web service'.Le modèle client/serveur s'est trouvé transformé par l'emploi de règles (ressources/services) plus abstraites et autorisant en autre l'interopérabilité.
De même la co-évolution évoque un processus spécifique formant une boucle en perpétuelle rétro-action.



Terminologie:quelques concepts évolutionnistes communs aux biologistes et aux économistes
  • Le flux :Concept apparaissant dès les premières formalisations économiques et assimilant les activités humaines à des flux de revenus et de dépenses.F.Quesnay (1674-1774) envisageait les relations économiques non pas entre des individus mais entre des classes et les rapports entre ces classes qui se font par le biais des dépenses;il a donc analysé la circulation monétaire de la société (1758 'le tableau économique' de Quesnay).La division opérationnelle des flux initiée par Forrester (1961) fut une école de pensée managériale qui a insisté sur l'importance du champ des représentations au sein de l'entreprise et qui joue un rôle important dans la mise en place des systèmes experts d'entreprise.Le flux a été ensuite décliné en une "théorie du circuit" ou en une "théorie monétaire".G.Delaplace (2009) distingue trois aspects communs au concept de flux:
  1. La théorie de la production:la détermination du niveau d'activité globale et des autres grandeurs macro-économiques n'est pas indépendante de la façon dont les paiements sont organisés;"dans une économie moderne,la création de monnaie s'opére dans une relation de crédit entre le système bancaire et les entreprises."(G.Delaplace)
  2. La théorie de la répartition:on suppose ici une hiérarchie spécifique entre les groupes basée sur l'accés à la monnaie."L'accés à la monnaie discrémine les groupes d'agents:les banques la produisent,les firmes l'obtiennent pour financer la production,y compris le paiement des salaires aux ménages".(G Delaplace)
  3. La théorie de la coordination:la monnaie fournit un lien social dans une économie où les décisions individuelles ne sont pas coordonnées et "la circulation monétaire détermine en même temps la taille de chaque agent économique" (G.Delaplace)
  • La croissance :c'est une variation positive (en terme mathématique) de la production sur une période donnée.Certaines conséquences de la croissance provoquent des effets pervers sur l'environnement (pollutions) ainsi que sur la société (accentuation des inégalités sociales).L'évolution économique pouvant ainsi se révéler contraire ou hostile à l'évolution biologique.C'est là un des débat central de l'évolutionnisme contemporain.Pour certains il faut faire la distinction entre croissance et progrès.Pour d'autres la croissance constitue un processus qui s'auto-entretient à travers le progrès technologique.Pour Schumpeter, les innovations apparaissent par « grappes », ce qui explique la cyclicité de la croissance économique.Ainsi,en économie,cycle et croissance sont liés.
  • Les cycles:période de répétition d'un phénomène périodique, les cycles caractérisent la vie biologique,la vie économique et sociale.
  1. Aux cycles de vie correspond des alternances cytologiques ou des alternances morphologiques.La biosphère abritant elle-même une variété de cycles:ceux de l'eau,de l'oxygène,du carbone,de l'azote.
  2. En économie les théoriciens reconnaissent l'existence de fluctuations cycliques.Les cycles économiques ont été définit par Schumpeter (1939) qui distinguait les cycles de long terme (40 à 50 ans) dits de Kondratieff, les cycles de moyen terme (6 à 10 ans) dits de Juglar et enfin les cycles de court terme (quelques mois) dits de Kitchin.
L'approche évolutionniste nous permet de toucher du doigt le degré d'interdépendance des phénomènes cycliques qui se conditionnent mutuellement.De plus l'approfondissement de la connaissance des cycles économiques induit une réflexion en termes d'équilibre ou de deséquilibre sur un ou plusieurs marchés.
  • L'équilibre: peut être 'partiel' chez Marshall ou 'général' chez Walras.
  1. L'équilibre partiel marshallien postule que la relation entre le prix et la quantité d'un bien est établi sur un marché en prenant comme paramètre les prix et les quantités d'équilibre de tous les autre biens.
  2. L'équilibre général walrasien postule que les prix et les quantités d'équilibre de tous les biens sont des inconnues dont les valeurs sont déterminées simultanément.Conséquence:il y a impossibilité d'avoir un déséquilibre sur le marché quand tous les autres sont à l'équilibre.
  • la richesse:Pour les biologistes la richesse est synonyme de bio-diversité.Les économistes se préoccupent de la création de richesses et de leurs répartitions.
  • Les réplicateurs:c'est à un biologiste que l'on doit me semble-t-il la meilleur définition d'un terme qui joue un role important dans un contexte évolutionniste:"un réplicateur fait que l'environnement dans lequel il se trouve en fabrique une copie (david Deutsch)”.Cette définition s'enrichit en économie d'une formulation mathématique:la loi de Fisher.



Structuralisme:Principe selon lequel des idées sont associées à d'autres idées et semblent former des ensembles cohérents exactement à la façon dont les parties morphologiques sont souvent corrélées les unes aux autres.Le tableau 2 résume ce principe en comparant économie et biologie.



Approche structuraliste de l'évolutionnisme
(pour consulter le tableau II suivre le lien ci-dessus)

II ) Les principaux champs de l'économie évolutionniste .

Au delà de quelques concepts communs,la biologie et l'économie partagent-elles d'autres affinités ? A cette question les analystes économico-évolutionnistes ont leur propre point de vue.Il convient de distinguer au moins trois types de réponses qui visent toutes à mieux cerner le comportement des agents face à leur environnement :

  1. L'analyse quantitative des relations entre croissance et innovation

Le tableau I nous a donné toute la richesse de l'approche du phénomène évolutionniste en économie.Les derniers développements vont insister sur les possibilités de formaliser quantitativement les hypothèses.On ne peut sous-estimer l'impact de ces travaux à l'heure de l'émancipation de l'économie de la connaissance.Pour ce courant c'est la firme et son potentiel d'innovation qui est le moteur de l'évolution.Les modèles évolutionnistes sont batis sur un socle commun:l'importance des conditions initiales et le caractère cumulatif de la technologie.On distinguera donc:
  • les travaux mettant l'accent sur la codification des connaissances accélérant les processus d'innovation (Soete & Ter Well 1999).
  • les travaux mettant l'accent sur la notion de réplicateurs de Fisher (1930) et ré-utilisés par l'économiste J.S Metcalfe (1992).Ce réplicateur (ou loi de Fisher) établit que,dans une population de firme,la croissance des aptitudes moyennes de ces dernières est proportionnelle à sa variance et donc,par définition,que le développement de ces aptitudes ne peut être que positif ou nul.

  1. Phénomènes d'apprentissage et de changement au sein des entreprises:les routines organisationnelles .

C'est un domaine que nous avons déjà évoqué ci-dessus à propos de la 'division opérationnelle des flux' qui insiste sur les différentes phases de l'entreprise:
  • la phase physique des objets concrets (marchandises,outils,biens d'équipement,espèces monétaires).
  • La phase abstraite:ensemble des symboles et signes représentant les objets concrets.Elle se partage les décisions implicites des émetteurs et des effecteurs.
  • La phase psychologique où sont prises les décisions.

N.Lazaric et coll approfondissent la réflexion sur les routines:« Les routines évoluent selon diverses pressions internes ou externes et créent des points focaux sur lesquels les membres de l'organisation se mettentd'accordpour organiser leur travail ou leur activité. »(Lazaric 2010).Il convient donc de distinguer:
  • l'émergence d'une mémoire procédurale au sein de la firme à travers la motivation des acteurs (Lazaric & Denis 2005)
  • la consolidation et mise en place à travers le rôle structurant d'un système expert (Lazaric,Mangolte & Massue 2002)
  • un modèle de simulation d'une production de connaissances dans le cas de la trêve ou du conflit (Lazaric & Raybaut 2005).La pression hiérarchique sur les groupes étudiés est modélisée par une équation.

Notons,enfin,qu'au sein du courant de la sociologie des organisations,le rôle de la compétition est couplé avec la dynamique des populations (modélisée en écologie par les équation de Lotka-Volterra connues pour formaliser la croissance en fonction d'une quantité limité de ressources).


  1. La modélisation des interactions

C'est un domaine riche en questionnement car il permet de comparer les méthodes de modélisation des interactions chez les biologistes et les économistes.Mais les problèmes soulevés nous immergent dans le monde de la compléxité.Parmis les chefs de file de ce courant il faut citer:
  • Maynard Smith Pour comprendre son point de vue il faut se souvenir de la tendance au « durcissement «  de la théorie synthétique de l'évolution à l'époque où cet ingénieur en aéronautique conceptualisait les interactions entre organismes ainsi que les comportements sociaux.Maynard Smith insiste sur les processus d'adaptation dans la mesure où l'évolution naturelle ne « connait pas l'optimisation des caractéristiques vitales des espèces ».Le modèle de Maynard Smith rejoint le courant des jeux évolutionnaires et la stratégie évolutivement stable.
  • R.Axelrod.Par certains aspects de son travail il se rapproche de 'l'économie de don',par d'autres il se situe dans la continuation de la sociobiologie.Axelrod est connu pour ses travaux multiples sur l'altruisme et les stratégies 'donnant-donnant'.Aprés avoir testé le programme de Rapaport (coopération-réciprocité-pardon) il usa des algorithmes génétiques pour simuler la coopération et la défection (1997).Dans ces conditions les résultats montrent que si une population entiére coopère,en utilisant la stratégie du « donnant-donnant » aucun mutant ne pourra perturber l'équilibre,même s'il fait toujours défection.Par contre un mutant isolé appliquant la stratégie du « donnant-donnant »,ne pourra à lui seul remettre en cause l'équilibre initial d'une population faisant toujours défection.


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Ainsi les analystes qui ont cherché à présenter les analogies ou les métaphores biologiques utilisées par les économistes ont tous relevé certaines ambiguïtés concernant les comportements adaptatifs des agents.En particulier il est conseillé de distinguer dans les comportements:
  • ceux qui sélectionnent
  • ceux qui adaptent dans le but d'améliorer
  • ceux qui optimise depuis le début.
La nouvelle version de la théorie de l'évolution, « la théorie hiérarchique de l'évolution »,crée par S.J. Gould (1999) & coll se distingue des précédentes par les perspectives hiérarchiques entre niveaux opérationnels et pourrait être prise en considération pour mieux appréhender l'interopérabilité des structures économiques,pour les modélisations des interactions au sein des entreprises ou pour les études prospectives dans le domaine socio-économique.Mais dans le contexte actuel de l'architecture orientée service, du 'cloud computing',l'évolutionnisme permet de nous placer dans une attitude transdisciplinaire où le problème n'est pas tant de chercher des analogies mais bien de trouver des outils scientifiques efficaces pour aborder le système technique contemporain.

                                                                                                                                        [à suivre ….]
Pour compléter l'étude :


mercredi 6 avril 2011

Enquête sur l'évolutionnisme

L'objectif de cet article est de présenter un rapide panorama de l'évolutionnisme essentiellement à partir d'auteurs américains .

I) QUELQUES REPERES DANS LA COMPLEXITE EVOLUTIVE

Conscilience de l'induction

Nous utiliserons ici le concept de convergence dans le sens de conscilience de l'induction,démarche intellectuelle visant à déduire une loi par généralisation d'observations.Dans le cas qui nous intéresse il s'agit de considérations relatives à des théories biologiques.Nous procéderons en quatre temps pour décrire un ensemble cohérent de raisonnements visant à rendre compte de l'évolution.

  1. Premier temps
L'évolutionnisme est traversé par de multiples courants,voir de nombreuses contradictions, qui rendent aussi compte des apports venus de divers horizons;nous nous limiterons à ceux ayant un lien avec les sciences de la nature.Ce parti pris se justifiera si l'on pense que ce champs de connaissances s'est constitué selon la méthode empirique où les faits dialoguent avec les théories et où les chercheurs peuvent expérimenter.Nous présentons d'abord quelques une des alternatives qui ont fait,ou font encore,l'objet d'une exploration systématique.

l'expansion ou l'ouverture du champ des 'possibles':
-------------------------------------------------------------------------------
Fonctionnalisme | Structuralisme morphologique
Gradualisme      | Uniformitarisme
Saltationnisme   | Adaptationnisme
-------------------------------------------------------------------------------

                       - alternatives au sein de l'évolutionnisme - (tableau 1)

Pour le spécialiste qu'était S.J.Gould,la vision darwinienne de l'évolution était fonctionnaliste et gradualiste.            

                 2.Deuxième temps
Les dichotomies ainsi repérées dans le champs de l'évolutionnisme,il convient de les replacer dans leur champ cognitif respectif

Fonctionnalisme v/s Structuralisme morphologique sont issus d'observations morphologiques relevant de la biologie (zoologie et botanique) et l'uniformitarisme v/s gradualisme appartiennent au champ de la paléontologie (branche de la géologie).,
Adaptationnisme v/s Saltationnisme sont issus de considérations stratigraphiques (branche de la géologie) et écologiques
Instructionnisme v/s sélectionnisme sont issus de considérations cytologiques,histologiques,immunologiques et génétiques.


Ces diverses alternatives devront construire un ensemble cohérent (une théorie) capable d'expliquer la biodiversité bien qu'elles synthétisent des connaissances qui semblent éparpillées:on sera donc en droit d'évoquer la consilience de l'induction ou la convergence des diverses approches.Darwin est le premier qui a donné le nom de sélection naturelle aux conséquences de l'évolution.


                  3. Troisième temps:partir d'une théorie 'princeps' ici représentée par la sélection naturelle dans 'De l'origine des espèces' de Charles Darwin

Ch.Darwin a travaillé sur une méthode de déduction en histoire naturelle qui utilise quatre principes (classés en fonction de la quantité décroissante d'informations):

  • Principe d'uniformité:permet d'extrapoler à partir de l'observation des rythmes et des modes de changement chez les organismes modernes.
  • Principe de reconstitution d'un ordre de succession:permet de reconnaitre et de ranger dans un ordre de succession diverses configurations que l'on croyait jusqu'alors indépendantes les unes des autres.
  • Principe de consilience ou concordance de différentes données
  • Principe de discordance ou dissonance d'une données

Par analogie avec le schéma darwinien,la convergence,discutée ici,s'applique à des raisonnements plutôt qu'à des 'données'.

         4.Quatrième temps

La convergence disciplinaire,qui a été rendue possible par le travail sur ces concepts ainsi que leur mise à l'épreuve tant du point de vue de l'observation que de l'expérimentation,s'est déroulée dans le temps.

Il y a donc à faire état d'une évolution de la théorie de l'évolution qui peut se schématiser de la façon suivante:

Théorie de Ch. Darwin ------>Théorie Synthétique------>Théorie élargie de la sélection hiérarchique                        
(1859)                                             (1959)                                          (1985/1999)

Ce que nous apprend ce quatrième temps c'est qu'il faut intégrer l'histoire des idées et étudier les trois phases de l'élaboration de l'évolutionnisme pour comprendre le processus à l'oeuvre au sein de la nature.Donc l'interprétation correcte d'observations multiples ne suffit pas à rendre compte de l'hypothèse évolutionniste;il faut intégrer la durée d'une quête de lois générales abstraites puis une période de consilience pour acquérir un minimum de certitude au sein d'une communauté de spécialistes.
Cette démarche est-elle corrélée à une absence d'autorité ?
Il convient tout d'abord de remarquer que ce n'est pas un manque de compétences qui serait responsable d'une sorte d'anarchie mais plutôt d'une multiplicité d'approches concrêtes qui génèrent une très grande quantités d'observations qu'il s'agit d'interpréter correctement.Présenté d'une autre manière il n'y a aucune raison de préférer l'approche paléontologique à celle des embryologistes,des écologistes ou des généticiens.Même les nombreux résultats statistiques ne compensent pas le manque de modèles algébriques,géométriques (en dépit du travail de D'Arcy Thompson) ou topologiques qui caractérisent ce mouvement.Les modèles génétiques ont servi dans le domaine de l'algorithmique ce qui a paradoxalement nuit à l'évolutionnisme car ils ont été en grande partie responsable du « durcissement de la synthèse ».De même les modèles de Fisher ont enrichi les statistiques.

Il faut souligner,par comparaison avec les sciences dures,qu'il n'y a pas véritablement une 'autorité' incontestable – à l'image des équations de la théorie quantique par exemple - qui pilote l'évolutionnisme,même si des savants remarquables par la finesse de leur raisonnement et l'ampleur de leurs travaux ne laissent aucun doute quant à la qualité des résultats.J'en veux pour preuve les propos de S.J.Gould quand il évoque,à la fin du premier livre de son étude sur « La structure de la théorie de l'évolution », le « durcissement » de la théorie synthétique à l'égard du pluralisme:
 Les biologistes de l'évolution forment une communauté petite et bien hiérarchisée (un petit nombre de personnes est en tête et les autres suivent,comme c'est le cas dans beaucoup d'activités humaines)pour qu'il ne soit pas nécessaire d'invoquer quelque tendance scientifique ou sociale profonde et générale afin d'expliquer le changement d'opinion qui s'est opéré dans une grande partie de la communauté des évolutionnistes des différents pays.La révision d'une position théorique opérée par un petit nombre de personne d'importance cruciale,se tenant en contact les uns avec les autres et s'influençant mutuellement de façon étroite,a pu susciter un mouvement général dans toute la discipline. »

En contre-point à cette déclaration je soutiens que la consilience de l'induction dans l'évolutionnisme prouverait l'existence d'une forme d'auto-organisation de la science biologique.C'est à dire qu'il y aurait bien une tendance scientifique qui serait susceptible de provoquer un infléchissement de toute la discipline en dépit d'un consensus momentané suggéré par les leaders.


               II ) LES NOTIONS LIEES A LA CAUSALITE HIERARCHIQUE


L'un des aspects qui frappe le plus l'enquéteur est que les différents acteurs de l'évolutionnisme ont énormément écrit et que les ré-éditions successives de leurs oeuvres ont connu de substantielles modifications (allant jusqu'à soutenir des thèses oppposées à celles jusqu'alors exposées).Ces modifications attestent du dynamisme du projet au cours des 150 annnées qui nous séparent de la publication de la thèse darwinienne :"De l'origine des espèces",mais aussi d'errements typiques des grand 'travaux' collectifs où régne le pluralisme.

                           a)Définitions
Le sujet nous impose les définitions de l'espèce,de l'individu et de l'organisme.

                                 1. Définition de l'espèce:

Si nous renoncions à envisager l'espèce comme une catégorie abstraite pouvant héberger des objet alors une espèce serait une chose particulière,une entité évolutionniste,définie aussi bien par une génése historique que par une cohésion actuelle particulière.
                               2. Définitions de l'organisme et de l'individu
La plupart des auteurs emploient le terme "d'organisme" pour désigner un corps organisé donné,cible de la sélection darwinienne classique et se servent de l'appellation " d'individu" en tant que terme générique applicable à l'unité de la sélection propre à n'importe quel niveau hiérarchique.

                                 3. Définition de l'organisme en tant qu'unité de sélection

Il garantit son individualité au moyen d'interactions homéostatiques entre ses élèments et au moyen d'interactions fonctionnelles.L'organisme est une totalité qui se construit elle-même.

                                   4. Définition de l'individualité de l'espèce

Les mécanismes d'isolement reproductif garantissent les frontières entre les individus évolutionnistes de concert avec la reproduction sexuelle des organismes (c'est à dire entre les élèments composants l'espèce)

                             b) Dichotomies
Dans un premier mouvement les différents courants répertoriés au tableau 1 ont contribué à élargir le champ des possibles on peut dans un second mouvement,plus actuel,considérer que les dichotomies qui subsistent resserent la réflexion sur quelques aspects fondamentaux.

Contractions ou focalisation sur certains thèmes spécialisés :
----------------------------------------------------------------------
Réplicateurs                      |  Interacteurs                                  
Sélection génique              |  Sélection hiérarchique                                                                             
Instructionnisme                |  Sélectionnisme                                            
----------------------------------------------------------------------

                     - alternatives au sein de l'évolutionnisme contemporain - (tableau 2)



                               c) Fondements empiriques et logiques de la théorie de la sélection hiérarchique

Il doit apparaître maintenant assez clairement qu'il y a eu une confusion dans l'élaboration du critère de causalité et que l'introduction de la notion d'inter-acteurs renvoie à la question des niveaux d'action de la cause.Or ces niveaux d'action présentent la caractéristique d'être « emboités » les uns dans les autres:c'est l'un des acquis incontestable du fonctionnalisme évoqué dans le tableau 1 et en particulier des systématiciens.

                --> La sélection hiérarchique

Propriétés fondamentales de la hiérarchie sont au nombre de deux:

  • Les processus opérant à un niveau donné peuvent amplifier ou contrecarrer les processus sélectifs opérant à n'importe quels niveaux adjacent,mais ils peuvent aussi leur être simplement orthogonaux.
  • Chaque niveau de la hiérarchie diffère de tous les autres de façon importante et intéressante à la fois dans le type et la fréquence relative des modes de changement et des mécanismes causals.
- »Le trait crucial commun aux deux propriétés est »l'interdépendance dans la différence » car les niveaux hiérarchiques sont capables d'interagir,tout en présentant des modalités de fonctionnement assez distincts. » (S.J Gould)

La théorie de la sélection clonale a ainsi ouvert la voie aux travaux sur l'évolution cellulaire et à de nombreuses interrogations:pourquoi l'intérêt évolutionnaire du tout (l'organisme) semble le plus souvent l'emporter sur l'intérêt évolutionnaire de niveau inférieur par exemple celui des lignées de cellules? (voir les travaux en immunologie). Les organismes représentent une catégorie très particulière d'individus évolutionnistes,dotés de caractéristiques uniques qui ne se retrouvent pas chez les autres individus figurant aux autres niveaux.D'un point de vue évolutionnaire le rôle du système immunitaire devient décisif:il est le mécanisme principal par lequel les organismes pluricellulaires maintiennent leur unité,leur individualité,contre l'émergence de réplication de niveau inférieur qui pourraient dissoudre cette unité en détruisant l'organisme (Gould & Lloyd 1999)


             --> Quelques caractéristiques majeures de l'évolution hiérarchique

  • L'individu gène :l'aléatoire est un processus fondamental du changement évolutif au niveau génique,si faible que soit sont rôle au niveau organismique.La sélection génique réalise,ici, très bien la répétition des protéines,matériaux brut,contruisant cette « complexité adaptative organisée » qui constitue le niveau supérieur.
  •  L'individu cellule :Cet individu nous fournit la preuve que la hiérarchie actuelle est apparue de « façon contingente et historique et pas du tout par nécessité atemporelle des lois de la matière. »(S.J Gould).La difficulté est liée au fait qu'actuellement la sélection au niveau des lignées cellulaires ne joue plus qu'un rôle mineur.La sélection positive a consisté à mettre en oeuvre des processus supprimant efficacement la propagation différentielle de façon à maintenir l'intégrité fonctionnelle.Malheureusement lorsque ces processus de suppression ne fonctionnent plus et qu'une lignée cellulaire parvient à s'évader de cette contrainte il en résulte de grandes souffrance pour l'organisme.Il faut faire une place ici à la thèse de Leo Buss (1987) selon lequel l'individu multicellulaire est apparu dans l'évolution par le biais de « l'interaction opérant au niveau de l'organisme et la sélection opérant au niveau des lignées cellulaires »
  •   L'individu organisme: C'est le niveau envisagé par Darwin et ses successeurs comme étant la cible de la sélection naturelle.Pour de nombreux naturalistes c'est à ce niveau que s'organise la cohésion maximale fondée sur l'intégration fonctionnelle.
  • L'individu dème : Individu modèlisé par le généticien et statisticien américain Sewall Wright,expert en génétique des populations,à l'origine de la théorie de l'équilibre changeant.Les dèmes sont,de l'avis de la plupart des spécialistes de l'évolution,l'individu le plus difficile à reconnaître comme entité individuelle.
  • L'individu espèce: présente deux caractéristiques:elle sous-tend des tendances au sein des clades au fil des temps géologiques elle sert d'unité de base pour apprécier quantitativement le flux et le reflux de la biodiversité au cours du temps.
       L'individu espèce,malgré ses détracteurs,pose tout un ensemble de problèmes féconds et fait qu'une réflexion approfondie vers ce type de phénomènes semble très prometteuse en biologie théorique mais aussi en terme d'un approfondissement de nos connaissances pratiques sur la biosphère.
  • L'individu clade:il est possible qu'une sélection différentielle opère à des niveaux supérieures à l'espèce mais en rendre compte est difficile actuellement .



Il convient donc de constater que la théorie de sélection hiérarchique impose de découpler la micro-évolution agissant sur les organismes,de la macro-évolution agissant au niveau de l'espèce voir de l'individu à un niveau supérieur (clade ou biosphère).


                               d)L'enseignement de l'évolutionnisme

Il me semble que cet immense édifice est riche d'enseignements à plusieurs titres:

  • Sur le plan général c'est un mouvement qui montre que le pluralisme pourrait guider les décideurs ayant la volonté de bâtir une oeuvre commune en les incitant à travailler dans une perspective de consilience ,approche qui diffère assez fondamentalement de celle dite du 'consensus'.
  • Sur un plan plus technique « l'interdépendance dans la différence » serait la leçon que la nature nous prodiguerait pour oeuvrer dans un état d'esprit tolérant et pluraliste.
  • Les modèles informatiques – modèle génomique – ont pu contribuer au gauchissement de la démarche scientifique en provoquant un rejet du pluralisme et en offrant à l'instructionnisme une visibilité quelque peu immérité.
  • Le problème que l'évolutionnisme peut contribuer à résoudre est celui d'un manque d'autorité arbitraire pour trancher dans un excédent de preuves de qualités évidentes.
  • L'évolutionnisme contribue aux réflexions sur l'auto-organisation et apporte un éclairage sur notre société numérique qui diffère sensiblement de celui proposé par l'approche tributaire de la 'Singularité'.


                                      Pour compléter la réflexion:


jeudi 17 février 2011

Convergence et évolution

Depuis que les mathématiciens ont créé la notion de convergence en étudiant les suites et les séries dans les espaces topologiques,ce terme a été repris dans des contextes parfois fort éloignés les uns des autres.On parle de convergence en géologie,en biologie,en informatique,en économie.La convergence envisagée ici sera celle évoquée par la première proposition du leitmotiv transhumaniste:

- “Si les cogniticiens peuvent le penser
Les spécialistes de la nanotechnologie peuvent le construire
Les biologistes peuvent le développer
Les informaticiens peuvent le surveiller et le contrôler”.
C'est l'étape préparatoire,le moment formel,préparant les trois autres stades devant aboutir à cette forme spécifique que l'on nomme la 'convergence '.Cependant,au lieu de considérer comme acquis l'ensemble du processus dès lors que les cogniticiens peuvent le penser,nous validerons la démarche de convergence en incluant les participations de biologistes et d'informaticiens.Il s'agit donc de décrire un événement dont le résultat est en quelque sorte une fusion opportuniste de théories ou de pratiques issues d'horizons méthodologiques disparates.

- "Si les biologistes peuvent le développer"
Pour illustrer ce processus encore mal connu,plutôt que de donner la parole aux spécialistes des nanotechnologies,nous accompagnerons les biologistes dans leurs explorations passionnantes du microcosmos cellulaire riche de futurs promesses.En étudiant la théorie de l'évolution nous disposerons d'éléments probants puisque cette dernière est largement le fruit d'une discussion inter-disciplinaire.Un résumé d'un texte de Thomas Heames sur la biologie synthétique nous fournit des exemples de re-construction de cellules,montrant comment les technologies moléculaires enrichissent les réflexions sur l'ingénierie créant des transferts entre systèmes naturels et artificiels.
Mais ces réflexions se font dans la durée.Un résumé d'un texte de Thomas Pradeu nous expose les difficultés à changer de paradigme;ici l'instructionnisme qui a largement dominer,dans les années 1980 s'est vu détrôner par le selectionnisme qui est actuellement la théorie dominante.

La théorie de l'évolution est le résultat d'une convergence multidisciplinaire et la remise en cause de l'instructionnisme au profit du selectionnisme impose de penser les situations réciproques de la biologie et de l'informatique.

-Le rôle des informaticiens
Gageons qu'il ne se limitera pas à des fonctions de contrôle et de surveillance mais assurera le lien et la cohérence de la démarche inter-disciplinaire offrant ainsi aux internautes,des opportunités au sein du vaste domaine de "la gestion des connaissances".La bio-informatique est,par définition,un champ disciplinaire issue de la convergence de connaissances biologiques et algorithmiques.Les simulations permettant d'explorer les comportements et de comparer des propriétes.

Se posera ensuite les questions relatives au bien fondé d'une production industrielle de nanosystèmes.La contribution des cogniticiens est fondamentale mais elle n'implique nullement que les nanotechnologies réussiront à créer des nanomachines opérationnels in vivo.

La convergence est protéiforme et l'évolution biologique a créé des organismes adaptés à leur environnement.Pouvons-nous en inférer qu'il en va de même pour ce que nous fabriquons ? Rien n'est moins sur.

lundi 17 janvier 2011

Economie de la connaissance et 'singularité' technologique


QUOI DE NEUF EN CE DEBUT D'ANNEE 2011 ?


-1. Dans le secteur du 'software' :

Un accélérateur de connaissances est à l'étude.Un tel projet nécessitera,au dire de ses promoteurs:

- des supercalculateurs

- une technologie de traitement massif d'informations (bases de données) et traitements procéduraux différenciés (par souci de pluralisme)

- une gestion de la complexité sociale.


-2. Dans le secteur du 'hardware' :processeurs multimédia nouvelle génération.

Intel a dévoilé au CES de Las Vegas ,l'arrivée prochaine sur le marché de Sandy Bridge une puce combinant un processeur et une partie graphique.Cette puce de quelques millimètres de longueur comportera 1.6 10^9 transistors,permettra d'afficher des vidéos et de lire la 3D sans difficulté.

Intel a annoncé par la même occasion la mise au point d'un système anti-piratage: Intel Insider.



Ainsi de nombreux faits concourent à valider l'hypothèse transhumaniste selon laquelle la 'singularité' provoquerait un processus technologiquement centripète.

vendredi 19 novembre 2010

Culture technique

Propager la culture scientifique

Internet permet d'accéder à des outils éveillant la curiosité scientifique:

modélisation de phénomènes physiques
dialogue avec une Intelligence Artificielle


Cependant naviguer sur des pages à contenu scientifique ne peut pas se substituer au savoir scientifique.Il faut distinguer ce qui est de l'ordre de la culture et qui s'acquiert sur le long terme et les informations glanées ici où là.Par rapport à la science se pose la question de la fiabilité des sources en effet la culture scientifique impose une méthode de travail et la nécessité de conduire un raisonnement.

vendredi 17 septembre 2010

AU FIL DU NET .....



1- Optimisation du trafic

La société Akamai,dont l'un des objectif est de fluidifier la circulation des paquets d'information,supervise le réseau des réseaux grace à son PC central et aux 60 000 serveurs qu'elle a installé de part le monde.

2 - Caching

L'explosion du trafic prévu avec la montée en puissance de la haute définition et l'arrivée de la 3D impose de nouvelles technologies dite de 'livraison de contenu' ou CDN Content Delivery Network

3 - Neutralité du Net

Suite aux rumeurs autour d'une entente Google/Vérizon de cet été,la question de la neutralité du Net devient plus pressante.

Certains opérateurs craignant un engorgement de la bande passante veulent pondérer le protocole iPV6 pour ralentir l'usage de la vidéo à la demande.Peut être aussi cherchent-ils à créer un nouveau modèle économique en donnant naissance à un Internet à plusieurs vitesses.

En France,suite à un rapport du Secrétariat d'état au Numérique,le Sénat et l'Assemblée Nationale,pourraient adapter la législation actuellement en vigueur dans les mois qui viennent et renforcer les prérogatives de l'Arcep (Autorité de régulation des télécommunications)

4 - Cybersécurité

La tendance chez les constructeurs de microprocesseurs est à l'intégration d'une couche logiciel de sécurité sur la puce du terminal.



- Méthode 'Propylée' : arborescence de descripteurs des sciences et techniques.

mardi 5 janvier 2010

les fichiers xml et les données

NOUVEAUTE 2010
Portail e-propylée.com



ENJEUX TECHNOLOGIQUES


-1 Coté web 2.0 et usagers




En ce début d'année 2010 comment présenter les grandes tendances qui pourront apparaître dansles mois qui viennent ?
Les 'usagers actifs' - ou avertis - sont-ils en passe de supplanter les 'usagers passifs' ?


La lecture attentive des blogs et wiki permet de dégager quelques attentes majeures des internautes.



- 1 les réseaux sociaux engendrent de nouveaux besoins notamment dans le secteur des traducteurs automatiques.En effet pour les membres des multiples communautés d'interêt,les réseaux sociaux ne connaissent d'autres frontières que celles des langues.
- 2 les outils froids intéressent,eux aussi les usagers,qui s'improvisent 'veilleurs technologiques' .Dans cette perspective la démocratisation de l'intelligence artificielle et sa diffusion massive dans toute les couches logicielles contribue à l'accompagnement du changement matérialisé par le web 2.0
- 3 les chatterboots
Considérés comme parfaitement incapables on peut cependant espérer une amélioration deleurs performances.



Posons la question à INIES : [ copier/coller dans l'espace 'reply' et appuyez sur 'reply']
what is cloud computing ?





-2 Mouvements citoyens


C'est la responsabilité sociale des entreprises qui semble focaliser l'attention des usagers du web.

mardi 15 septembre 2009

Web 2.0 - Web sémantique – Interface - Communication

On a peut être tendance à l'oublier mais le web est d'abord et avant tout une interface.Ceci tient à la nature des technologies utilisées:
électronique
informatique
Il y avait un courant de penser dans les années 60/70 qui officialisait ce principe dualiste:la cybernétique.Qui y fait encore référence de nos jours ?Cet oubli a pour conséquence de masquer un malentendu qui a fait surface d'une façon inattendue avec l'avènement du web 2.0:une séparation,une coupure entre deux points de vue:celui des usagers et celui des entreprises.Césure frappante entre les intérêts des individus et ceux des groupes industriels.

Coté usagers :

Nicolas Vanbremeersch présente une typologie intéressante:
Web social :Le plus 'chaud',en constante interaction avec les utilisateurs.
Web documentaire :Un réservoir de données brutes,sans possibilités d'interaction mais ouvert à tout le monde.

Entre les deux le Web de l'information,essentiellement animé par les journalistes.


Pour les usagers le web2.0 est un web sémantique.Dans ce contexte le terme "sémantique" est à considérer d'une façon "opérationnelle".Le "web 2.0" est une façon d'exploiter l'intelligence collective.L’essentiel du contenu actuel d'Internet est destiné à une interprétation par l’homme.



Coté entreprises :

Le terme de web sémantique est à l'origine associé à un service spécifique.Pour une entreprise le terme web sémantique a une implication 'service web' et une contrainte:celle de l'interopérabilité.La profonde mutation de l'industrie des services impose aux entreprises des pratiques innovantes.Elles mettent en commun leurs ressources par le biais des réseaux et du plus performant d'entre eux:le web.Ces changements sont si conséquents que l'Internet se métamorphose progressivement en 'cloud computing' avec en perspective une plus grande fiabilité mais surtout une optimisation du fonctionnement des serveurs et de la gestion de l'énergie.

Pour les entreprises donc,à la différence des usagers de l'Internet,le réseau est destiné à faciliter le travail des machines.Le 'grid computing' étant surtout orienté vers les calculs des centres de recherche et fait intervenir les 'super-calculateurs'.

On le comprend en s'orientant vers les applications de l'intelligence collective les usagers accordent un poids plus important au sens,les entreprises se préoccupent des machines,de leur stabilité et interopérabilité.





Pour aller plus loin :

web 2.0

Dossier

Cloud computing

Grid computing