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samedi 21 janvier 2017

Rupture technologique,culture algorithmique et créativité

   Une révolte salutaire
    L'omniprésence du numérique dans la société,la «silicolonisation»,suscite des réactions,certaines sont radicales comme celle du promoteur de ce terme (Éric Sadin) d'autre sont plus orientées par une vision pédagogique ou la confiance dans le 'bon sens' des générations montantes domine.Bref deux types de révoltes:celle bio conservatrice contre l'IA,celle plus modérée (défendue par de grands noms de la science ou de l'entrepreneuriat numérique) qui essaye d'anticiper les difficultés d'adaptation au monde de demain.
        Laurent Alexandre,que je situe parmi les seconds dans ma typologie,parle d'un «vertige face à l'intelligence artificielle».Dans le contexte professionnel du numérique et de la robotique,les potentialités qu'imposent l'intelligence artificielle provoquent en effet une forme de vertige,de sidération et la bonne réponse est selon lui,dans la formation.Cédric Villani (Médaille Fields 2010) a foi,quant à lui, dans le potentiel créatif des générations montantes.


    La rupture technologique
    Elle est incontestable et le fruit d'une 'culture algorithmique' qui est surtout partagée par les ingénieurs,les scientifiques les techniciens.Elle se caractérise par la mise en œuvre de l'intelligence logico-mathématique et par la pratique de la programmation.À la fois une aisance dans la manipulation de symboles et une connaissance de langages artificiels.La créativité requiert de l'imagination et plusieurs formes d’intelligence qui facilitent le dialogue entre spécialistes (une forme d'agilité).Les intelligences artificielles qui se substituent graduellement mais inexorablement aux humains (dans les professions libérales) ne sont pas près d'être créatives dans le sens où elles pourraient remplacer les humains sur ce terrain.


    'Vulgariser' la culture algorithmique ?

Il est urgent de mettre à la disposition du public des éléments pour comprendre cette culture algorithmique à défaut de la posséder.Dans cette optique 'propylée' propose une nomenclature se présentant sous la forme d'une arborescence.Le but avoué est de donner un aperçu de l'univers des sciences et technologies.Bien sûr cela est loin du compte mais il me semble que c'est un premier pas car ce vocabulaire est bien la clé,qui grâce aux moteurs de recherche ainsi désormais qu'aux chatbots ou «robots conversationnels»,permet de pénétrer dans les arcanes techniques du web (big data,univers du pétaoctet).

Par ailleurs,dans l’interprétation des résultats,les processus de validations des connaissances scientifiques et techniques subissent maintenant une mutation importante.Alors que la recherche repose traditionnellement sur la construction d’une théorie et sa vérification par expérience et analyse de données, la science à l’âge du numérique semble vouloir se passer de la théorie: la puissance calculatoire peut désormais suffire à établir des corrélations entre les données et dégager des régularités statistiques. (cf mon enquête sur l'évolutionnisme iv éme partie:l'univers du penta-octet 13/10/2011)


Dans ses conditions des craintes peuvent légitimement accompagner la validation:doit- on accepter sans questionnement les résultats délivrés par les IA ? Jusqu’où aller dans la confiance accordée aux IA ? Que faire si des résultats semblent en contradiction avec le bon sens ?
    Il me paraît opportun de rappeler à ce propos une anecdote rapportée par un témoin digne de foi;il s'agit de Günther Anders dans l'ouvrage «L'obsolescence de l'homme.» Celui-ci nous raconte qu'au pire moment de la guerre de Corée,l'état major américain des armées,évoque la possibilité d'utiliser des armes nucléaires.En décembre 1950 Douglas McCarthur alors général en chef était chaud partisan de cette solution.C'était sans compter sur les débuts des calculateurs programmables.En effet un lourd programme (celui-là qui avait été mis au point à Los Alamos dans le cadre du projet Manhattan) délivra après des semaines de calculs une simulation tout à fait hostile à la solution radicale défendue par McCarthur.Comme l'Histoire nous le rappelle le président Harry S. Truman choisit l'option proposée par le calculateur contre l’avis de ses conseillers militaires.Les problématiques ne sont donc pas récentes et les spécialistes du domaine comprennant mal la réticence de grand public imposent leurs solutions techno-radicales.


Les méthodes de l’intelligence artificielle diffèrent de la programmation interprétée par un compilateur.Elles ont été fondé à la suite des travaux de N.Wiener (rétroaction),de J.von Neumann (théorie des jeux - 1944),H.Simon (General Problem Solver:GPS - 1957),j.McCarthy (language LISP - 1958),E.Feigenbaum (premier système expert - 1965).Tous ont contribué (indépendamment des recherches sur les réseaux neuronaux) à dégager une ‘architecture’ de l’intelligence artificielle:le moteur d’inférence et la base de connaissance.
Les méthodes et les progrès de l’algorithmique ont permis des avancées spectaculaires en améliorant les interfaces hommes-machines notamment.
Cet aspect est fondamental pour comprendre l'intérêt actuel des chatbots conversationnels qui servent désormais d’assistant (orientation professionnelle,aide à l’utilisation,vente,etc..)

nomenclature 'propylée' 2017





   
   








   



mardi 15 septembre 2009

Web 2.0 - Web sémantique – Interface - Communication

On a peut être tendance à l'oublier mais le web est d'abord et avant tout une interface.Ceci tient à la nature des technologies utilisées:
électronique
informatique
Il y avait un courant de penser dans les années 60/70 qui officialisait ce principe dualiste:la cybernétique.Qui y fait encore référence de nos jours ?Cet oubli a pour conséquence de masquer un malentendu qui a fait surface d'une façon inattendue avec l'avènement du web 2.0:une séparation,une coupure entre deux points de vue:celui des usagers et celui des entreprises.Césure frappante entre les intérêts des individus et ceux des groupes industriels.

Coté usagers :

Nicolas Vanbremeersch présente une typologie intéressante:
Web social :Le plus 'chaud',en constante interaction avec les utilisateurs.
Web documentaire :Un réservoir de données brutes,sans possibilités d'interaction mais ouvert à tout le monde.

Entre les deux le Web de l'information,essentiellement animé par les journalistes.


Pour les usagers le web2.0 est un web sémantique.Dans ce contexte le terme "sémantique" est à considérer d'une façon "opérationnelle".Le "web 2.0" est une façon d'exploiter l'intelligence collective.L’essentiel du contenu actuel d'Internet est destiné à une interprétation par l’homme.



Coté entreprises :

Le terme de web sémantique est à l'origine associé à un service spécifique.Pour une entreprise le terme web sémantique a une implication 'service web' et une contrainte:celle de l'interopérabilité.La profonde mutation de l'industrie des services impose aux entreprises des pratiques innovantes.Elles mettent en commun leurs ressources par le biais des réseaux et du plus performant d'entre eux:le web.Ces changements sont si conséquents que l'Internet se métamorphose progressivement en 'cloud computing' avec en perspective une plus grande fiabilité mais surtout une optimisation du fonctionnement des serveurs et de la gestion de l'énergie.

Pour les entreprises donc,à la différence des usagers de l'Internet,le réseau est destiné à faciliter le travail des machines.Le 'grid computing' étant surtout orienté vers les calculs des centres de recherche et fait intervenir les 'super-calculateurs'.

On le comprend en s'orientant vers les applications de l'intelligence collective les usagers accordent un poids plus important au sens,les entreprises se préoccupent des machines,de leur stabilité et interopérabilité.





Pour aller plus loin :

web 2.0

Dossier

Cloud computing

Grid computing